Marcelia, Pela et Sonia ont entre 16 et 18 ans. En 2014, elles ont découvert le rugby grâce à Terres en Mêlées, une association qui se sert du sport comme outil d’éducation et d’émancipation des jeunes filles. Depuis, elles s’entraînent plusieurs fois par semaine et sont capitaines de leurs équipes locales. Fin janvier 2019, elles ont quitté leurs villages de la Côte Saphir dans le sud-ouest de Madagascar pour un voyage exceptionnel : venir en France représenter leur pays et leur association en donnant le coup d’envoi du match France-Pays de Galles au Stade de France, lors de l’ouverture du tournoi des Six Nations. Rencontre avec trois personnalités inspirantes et attachantes.



Pouvez-vous vous présenter ?

Marcelia : J’ai 18 ans. Je suis Vezo [ethnie malgache, ndlr] et je vis de la mer. J’ai découvert le rugby il y a cinq ans. Ce n’est un pas un sport réservé aux garçons. Nous les filles avons aussi des choses à défendre sur le terrain.

Pela : J’ai 16 ans. Je suis Bara [ethnie malgache, ndlr] et nous vivons de la culture du riz. Je joue au rugby depuis quatre ans. Maintenant, je suis plus forte. Avec l’association, j’ai mûri. J’ai voyagé et j’ai même pu aller passer deux mois à Tananarive pour participer aux sélections pour les Makis, l’équipe nationale de rugby féminin.

Sonia : J’ai 18 ans. Je suis Vezo également. Je joue au rugby à Mikéa Lodge. J’ai vu mon corps se transformer avec le rugby.


Êtes-vous stressées à l’idée d’aller sur le terrain du Stade de France ?

Marcelia : Je suis fière et heureuse. Je n’ai pas le trac : j’ai l’habitude des matchs et des publics nombreux !


Comment vos familles réagissent-elles à votre implication dans l’association Terres en Mêlées et à ce voyage ?

Sonia et Pela : Ils sont heureux car c’est un honneur pour nous.

Marcelia : Parfois, mon père, qui est pêcheur, dit que je joue trop au rugby et que je ne l’aide plus. Quand je vais à la pêche avec lui, il dit que je n’arrive plus à tirer les filets !


Qu’est-ce que vous ressentez quand vous jouez au rugby ?

Marcelia : Dès que je suis sur le terrain, je me sens forte. J’y vais à fond quel que soit l’adversaire.

Pela : Dans ma tête, pendant un match, je suis là pour gagner. Perdre n’est pas une option. Que la personne en face de moi soit forte ou mince, c’est pareil pour moi.

Sonia : Je ne pense pas tellement à si je vais perdre ou gagner mais je fais des grimaces pour faire peur à mon adversaire.


Vous entraînez les plus jeunes dans votre village. Comment voyez-vous votre rôle ?

Marcelia : C’est bien qu’ils puissent me prendre pour modèle. Avec le rugby, ils peuvent avoir l’opportunité de sortir du village, de voir de nouvelles personnes. Les jeunes sont très motivés. Parfois, ils viennent me réveiller pendant la sieste pour s’entraîner. Cela me porte aussi de les voir si motivés. Même maintenant que je suis en voyage, je sais qu’ils s’entraînent.


Qu’est-ce que vous voudriez ramener à Madagascar en souvenir de la France ?

Marcelia : J’emmènerai toute cette glace, cette neige.

Pela : Je voudrais la Tour Eiffel ! Au moins, une belle photo de moi avec la Tour Eiffel et au Stade de France !


Qu’est-ce que vous diriez à d’autres filles comme vous pour qu’elles rejoignent l’association ?

Sonia : Que grâce à Terres en Mêlées elles pourront aller loin et voyager. Elles pourront voir Tananarive si elles veulent, elles pourront découvrir la France si elles veulent. Donc si ça les intéresse, allez, on y va !


Pour découvrir l'association : Terres en Mêlées

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