Comme les autres : quand l’insertion professionnelle commence par des sensations fortes

Comme les autres est une association qui, depuis 2011, propose une approche originale de l’accompagnement social des personnes en situation de handicap : notamment au travers du sport extrême.

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Lorsque Jonathan Jérémiasz proposa un concours de sauts improvisé entre son frère et son meilleur ami sur le snowpark d’Avoriaz, il ne s’attendait pas à ce que cette proposition chamboule leurs vies à tous les deux. Ce jour-là, son frère Michaël deviendra paraplégique suite à une chute d’une dizaine de mètres. Dix ans plus tard, ils allaient fonder ensemble une association pour accompagner les personnes en situation de handicap.

 

Les neuf mois suivant l’accident, Michaël Jérémiasz les a passés dans le centre de rééducation de Coubert en Seine-et-Marne.

Cette période commence souvent par une dépression puis, petit à petit, les patients en viennent à se reconstruire une nouvelle identité dans cette nouvelle situation.

Mais la naissance de l’association Comme les autres, onze ans plus tard, trouve son origine dans la phase d’après : la sortie du centre de rééducation.

« Il s’agit d’un vrai tournant avec deux catégories de personnes, nous explique Jonathan Jérémiasz, aujourd’hui directeur de l’association dont son frère est le président. Il y a ceux qui ont des ressources personnelles, intérieures, psychologiques et physiques, avec la présence d’un entourage qui leur permet de rebondir rapidement. Et puis, il y a ceux qui sont moins favorisés, ils étaient parfois déjà un peu fragiles psychologiquement avant l'accident, défavorisés socialement ou les deux en même temps, et ils n'ont pas forcément l’entourage familial nécessaire. Et là, ça peut largement se compliquer : on constate même des effondrements au moment du retour à la maison avec une chute brutale de leur santé mentale et physique ».

 

Inutile de le préciser, mais Michaël Jérémiasz fait partie de la première catégorie avec un rebond exceptionnel : numéro 1 mondial de tennis en fauteuil roulant en simple et en double en 2005, il a remporté quatre médailles lors des Jeux paralympiques de 2004, 2008 et 2012.

La raison de ce rebond, Jonathan l’attribue notamment à un retour rapide au sport : en ski fauteuil seulement un an après sa chute, la chute libre et, évidemment, le tennis.

On a repris une vie en se jurant que rien ne nous serait empêché, que rien ne lui serait interdit. Et on s'est rendu compte que cet état d'esprit là, très sportif, qui refusait les obstacles, avait un effet très puissant sur la reprise de la confiance en soi, avec la réconciliation avec son corps.

Jonathan Jérémiasz, co-fondateur et directeur de Comme les Autres 

Comme les autres : du sport à l’insertion professionnelle

L'association propose un accompagnement social pour les personnes en situation de handicap, au travers de trois grands piliers.

Le premier, c’est l’utilisation des sensations fortes pour insuffler cet état d’esprit sportif qui pousse à se dépasser et à reprendre confiance en soi. Fabrice, un participant handicapé nous raconte « je me suis surpris à faire des activités dont je ne me savais pas capable. Les activités à sensations fortes ont réveillé tout ce qui dormait en moi et jen ai apprécié chaque seconde ! »

Le deuxième, c’est la mixité entre personnes handicapées et valides puisqu’il y a, d’après Jonathan, besoin d’une réconciliation entre les deux. 

« Les séjours ont ça de magique quon en oublie le handicap, nous confirme Barbara, participante valide. On en ressort en ayant limpression davoir vécu un moment fort avec une bande damis. »

Le dernier pilier de cet accompagnement, c’est de provoquer la rencontre entre des personnes récemment handicapées avec des personnes handicapées expérimentées.

Un accompagnement que l’association a pensé pour aider ses bénéficiaires vers l’accès aux droits, la mobilité, le logement, les loisirs, la culture, la pratique régulière du sport et l’insertion professionnelle. Ce dernier élément n’était donc qu’un objectif parmi d’autres. Pourtant, lors d’une expérimentation dans les Hauts-de-France, Comme les Autres a essayé de mettre l’insertion professionnelle au coeur du dispositif et les résultats ont été immédiats.

L’insertion était le domino qui entraînait tous les autres. En se concentrant sur celle-ci, l’association s’est prouvée plus efficace sur l’ensemble de ses objectifs. Parce que l’accompagnement sur la carrière professionnelle venait immédiatement donner un sens très concret aux défis à relever et il était soudainement plus facile de se motiver pour trouver une solution à la mobilité, au logement, etc.

Cela devenait une évidence, là où les sports extrêmes avaient été le point de départ de l’association, l’insertion professionnelle devait se placer au coeur de l’accompagnement. Il s’agit d’une évolution qui n’est d’ailleurs pas terminée et que la Fondation Société Générale a choisi de soutenir sur un projet pilote sur l’ensemble du territoire pour accompagner une trentaine de personnes devenues handicapées dans un accompagnement où l’emploi est au cœur.

Logo de l'association

Un message vers les entreprises

Comme les Autres se retrouve donc de plus en plus à parler aux entreprises de la question du handicap.

Michaël Jérémiasz interviendra d’ailleurs le 3 juin lors des Inclusiv’Day, le rendez-vous des entreprises inclusives et des innovations sociales dont la Société Générale est l’un des partenaires.

« Nous avons un grand message à faire passer aux entreprises, lance Jonathan. C'est qu'elles ont une responsabilité très forte dans l'inclusion des personnes en situation de handicap, parce que l’un des plus grands lieux du lien social, de l'intégration, et le moyen pour trouver son autonomie financière, c'est la vie en entreprise. Il s’agit d’une question au-delà de la performance que ça peut lui apporter. C'est une question d'éthique. C'est une question de philosophie d'entreprise. »

 

Découvrir le site web de l’association Comme les autres 

En savoir plus sur l’Inclusiv’Day